Curé

Chaque dimanche quelques mots... (42) Apocalyptique

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Écrit par Krzysztof Nowak

20160327 152120Mod1Pt
Mc 13,24-32

Détruire ou pardonner ?

Le langage apocalyptique tue l'esprit de la Parole de Dieu quand il est proposé en lecture fondamentaliste, partant du principe que la Bible doit être interprétée littéralement. "Le fondamentalisme invite sans le dire à une forme de suicide de la pensée. Il met dans la vie une fausse certitude, car il confond inconsciemment les limitations humaines du message biblique avec la substance divine de ce message." (Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église).
"En ces jours-là, après une grande détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées" (Mc 13,25): ce que nous entendons ce dimanche.
Une lecture fondamentaliste nous poussera à y voir une destruction, un anéantissement du monde, la fin du monde... Au point de nous rendre sourds à la suite du texte qui annonce la venue du Fils de l'homme, la venue du Ressuscité. Au point de renverser le sens de notre attente : nous attendons le retour de Jésus, nous n'attendons pas la destruction de la terre ni du ciel.
Pour nous instruire, une comparaison nous est proposée, la comparaison du figuier.
Mais elle ne se trouve pas dans le texte, elle est à faire.
Dès que les branches du figuier deviennent tendres et que sortent les feuilles, nous savons que l'été est proche : aucune destruction, mais une espérance. Alors, le soleil obscurci, la lune privée de sa clarté, les étoiles tombant du ciel et les puissances célestes ébranlées, comparés aux branches et aux feuilles du figuier au printemps n'annoncent aucune destruction, mais un espoir de voir la clarté du visage du Christ, de voir la vraie lumière de sa vérité, de voir tomber toute injustice, de voir ébranlée la méchanceté et le mensonge.
"Le ciel et la terre passeront, les paroles de Jésus ne passeront pas" (Mc 13,31), comme l'hiver qui passe et fait place au printemps. Ainsi le mal, le péché, l'injustice, le mensonge passent et font place au pardon.
Autrement dit, Jésus n'est pas venu détruire, il est venu pardonner. Il n'est pas venu punir mais sauver. Jésus vient chaque jour proposer le pardon. Un jour, le pardon prendra toute la place...