Curé

Chaque dimanche quelques mots... (44) Récit d'une naissance

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Écrit par Krzysztof Nowak

20181112 132544 Pt1
Lc 21,25-28.34-36

Préparer la Nativité

Le temps de l'Avent n'est pas une simple préparation de la fête de Noël : une fête familiale, amicale, fraternelle. Il est une occasion de vivre en famille, avec des amis, fraternellement, la rencontre avec le Christ. Celui qui est né à Bethléem et ressuscité à Jérusalem.

Cette façon de commencer le temps de l'Avent, ce temps préparatoire de la Nativité du Seigneur, par un message, annonçant le retour du Fils de l'homme dans sa gloire de Ressuscité, oriente nos pensées et nos pas vers la bonne direction.

Le temps de l'Avent n'est pas une simple préparation de la fête de Noël, une fête familiale, amicale, fraternelle. Il est une occasion de vivre en famille, avec des amis, fraternellement la rencontre avec le Christ. Celui qui est né à Bethléem et ressuscité à Jérusalem.

Cette année nous relisons le texte de l'Évangile selon Luc et dès le début l'auteur nous parle des noms multiples de l'enfant né à Bethléem :  l'ange Gabriel  demande à Marie de donner à l'enfant le nom de Jésus, et il dit aussi que l'enfant sera appelé "Fils du Très-Haut", qu'il sera appelé "Fils de Dieu" (Lc 1,31.32.35). Élisabeth, qui reçoit la visite de Marie appelle l'enfant avant sa naissance : "mon Seigneur"(Lc 1,43).  L'ange du Seigneur redit cela aux bergers de Bethléem quand l'enfant est né : "il est Seigneur". L'ange continue en disant que l'enfant est le Christ (l'envoyé, l'Oint; synonyme de Messie - mot d'origine hébraïque, Christ - mot d'origine grecque), qu'il est Sauveur (Lc 2,11). Syméon redit à son tour que l'enfant est le Christ, et ajoute qu'il est aussi le Messie  (Lc 2,26).

Cette multitude de noms nous suggère d'une part, de ne pas séparer la naissance de Jésus de sa résurrection et d'autre part de faire la distinction entre les deux. D'une part, l'Évangile qui annonce la résurrection n'a pas le sens de valeur universelle. L'annonce de l'Évangile est irrationnelle, spécifiquement chrétienne, non universelle (sa portée est par contre universelle, mais cela demande un développement que je ne ferai pas ici). Notre foi, pour grandir, a besoin de puiser son sens à partir de la Résurrection, c'est là qu'elle trouve le sens de la Nativité. Ce sens qui révèle la réalisation de la promesse du salut par la nouvelle création, la nouvelle naissance. Notre foi nous invite à voir dans la Nativité la fin du monde sans espoir et la venue d'un monde nouveau. D'autre part, la nativité comme une naissance a beaucoup de sens en soi et c'est une valeur universelle, nous rapprochant les uns des autres, croyants et non-croyants, athées, agnostiques, bouddhistes, chrétiens et non-chrétiens, juifs, musulmans, hindous, taoïstes. Notre foi pour grandir a besoin de distinguer la Nativité de la Résurrection, car notre foi a besoin de tisser des liens, non seulement avec ceux qui croient en la résurrection, nos soeurs et nos frères, mais aussi avec ceux qui rejettent la résurrection comme irrationnelle, non universelle, spécifiquement chrétienne.

Le temps de l'Avent nous donne l'occasion de vivre en famille. Aujourd'hui, la famille n'est pas toujours un lieu qui rassemble les chrétiens, ceux qui croient en la résurrection. Elle est un lieu qui respecte les valeurs universelles, mais qui parfois, s'oppose aux valeurs spécifiquement chrétiennes. 

L'évangéliste Luc nous exhorte : "Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme." Notre attitude de veilleurs n'est pas une activité simple : distinguer la Nativité et la Réssurection et ne pas les séparer demande de suivre un régime très exigeant. Le temps de l'Avent nous le rappelle chaque année et ce, jusqu'à la fin des temps.